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Asie du Sud-Est


Deux branches :

• branche thai-khmer : Thaïlande, Cambodge, Laos et Birmanie = continental.

• branche malayo-indonésienne : Malaisie, Indonésie et quelques régions des Philippines = maritime.


Les spectacles les plus populaires sont les « théâtres d’ombres » : nang sbek et syang au Cambodge, wayang en Malaisie et en Indonésie. Le yok-thei-pwe, ou théâtre de marionnettes birman.



Les peuples de tradition thaï-khmère et indonésienne, en dépit des différences de culture et de caractère, appartiennent à une même civilisation musicale, dont la singularité est liée à deux traits fondamentaux communs :

- la primauté d’ensembles instrumentaux très originaux (piphatgamelan et kulintang), où dominent les percussions mélodiques (xylophones, jeux de gongs, ...),




- l’emploi d’échelles pantonales qui divisent l’octave en 5 ou 7 intervalles à peu près égaux.


Rq : les échelles théoriques fondamentales en usage dans les pays de l’Asie du Sud-Est ne peuvent être reconstituées par le cycle des quintes comme celles des pays d’Extrême-Orient, ni par l’adjonction des tétracordes comme celles des pays du monde turco-arabo-persan. Elles ont été obtenues par le principe d’égalisation. L’octave est divisée théoriquement en sept parties égales dans la tradition thai-khmer, en cinq parties égales en Indonésie.


Plusieurs sources alimentent la culture musicale de ce Sud-Est asiatique. Les plus anciennes et les plus importantes sont les anciennes traditions autochtones môn-khmère et malayo-indonésienne, que l’on croit apparentées à la musique de l’Inde prévédique. Les musiques de Thaïlande (Siam), du Laos, du Cambodge, de Malaisie, de Java, de bali leur doivent leurs caractères spécifiques. On raconte que l’empereur Thuan, en -2225, charmait les animaux en jouant du khanh-do : cet antique lithophone, constitué d’une série de pierres suspendues taillées en équerre, est probablement l’ancêtre de la riche famille des percussions mélodiques.

Selon la précieuse documentation iconographique que constituent les bas-reliefs d’Angkor (9è au 13è siècle), les traditions de la musique khmère sont restées jusqu’à nos jours ce qu’elles étaient alors.

Aux liens culturels qui, dès la haute antiquité, semblent avoir uni l’Insulinde au continent, s’ajoute à partir du 1er siècle de notre ère l’influence profonde de la culture de l’Inde. Celle-ci a contribué à féconder le génie musical original des pays du Sud-Est asiatique, en l’enrichissant d’une saine et subtile philosophie de la musique. L’influence chinoise, prépondérante au Vietnam, ne s’exerce ici que par la pénétration au Laos et en Thaïlande de la musique populaire de la Chine du Sud et par la primauté, dans toute cette région, des gammes à 5 sons.



Les musiques d’Asie du Sud-Est (article Universalis)


Lecture : Texte de Christian Poché sur l'Asie du Sud-Est