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Indonésie





CARTE







JAVA



Musulman. Musique de cour, très aristocratique.

Instruments : kecapi (cithare à « terre » dans laquelle le support des cordes est constitué par le sol) ; suling (flûte à bandeau)



BALI



Hindouiste. Musique très virtuose, musicien professionnel. A Bali, chaque village, chaque quartier (banjar) possède son propre gamelan appelé gong dont la composition est tributaire des moyens financiers du propriétaire. Bali fut envahi par les Hollandais. A Bali, plus qu’à Java, se développe une très grande virtuosité (= style kebyar c’est à dire flamboyant, virtuose). Bali est plus démocratique que Java (Java = musique de cour).

Les gamelans de Bali (appelés gong) furent introduits dans l’île aux 14ème et 15ème siècles par des princes hindo-javanais. Bien qu’ils soient constitués, pour l’essentiel, des mêmes instruments, les orchestres balinais ont évolué de façon autonome, de sorte que leur dénomination, leur composition et les échelles employées sont très différentes de celles de Java.



Instruments : pengugal (métallophones à dix lames) ; pengender  (métallophones à dix lames) ; kantil (métallophones à dix lames) ; kinjur  (métallophones à cinq lames) ; jeogang ou djegogan ou jegog (métallophones à six lames aux sons graves) ; jublag ou djublag ou calung (métallophones à cinq lames) ; trompong (jeu de douze gongs posés en une rangée sur cadre rectangulaire en bois, joué par un musicien) ; ugal ; pemade ; gijng ; pencacah ; reong ou reyong ou riong (jeu de douze gongs posés sur un cadre rectangulaire et joué par quatre musiciens) ; kendang ; cengceng ou tjeng tjeng (paire de petites cymbales) ; tawatawa.



Deux particularités sont à signaler dans le jeu des instruments à Bali : dans certains ensembles, tel le gong kebyar, il existe un jeu de douze gongs posés sur un cadre rectangulaire et joué par quatre musiciens, c’est le riong ; d’autre part, on amortit toujours les vibrations des lames des métallophones en les saisissant entre le pouce et l’index de la main gauche.



AUTRES ÎLES



En dehors de Java et de Bali, les autres îles ont gardé leurs spécialités.

À Sumatra, suivant les régions, on distingue, par exemple, plusieurs orchestres rappelant le gamelan : le thouling (flûte, tambour à main et 2 cymbales), utilisé pouf les jeux et les combats de taureaux ; le geundrang (tambour et 1 thronne, sorte de clarinette), pour les cortèges ; le bioula (rebab, 6 tambours et 1 gong) et l'harenbab(rebab et 2 tambours à main), pour la récitation des pantouns. D'autres ensembles, notamment chez les Bataks, obéissent à des formations différentes soit pour accompagner le chant, nasillard et guttural, qui est l'une des caractéristiques de Sumatra, soit pour soutenir les danses très variées, allant de l'hoda-hoda (danse de chevaux, primitivement danse funéraire) aux emportements extatiques avec transe ou poignard.

Nias a la spécialité des danses accompagnées d'instruments tels que la cithare en bambou, la flûte nasale, le doli-doli (clavier en bois) et les tambours, mais non de musique vocale, qui emploie comme seuls intervalles les tierces majeures et mineures.

Boméo a gardé un certain nombre d'instruments originaux, comme le gela (sorte de violon fait d'un labou tendu sur une peau de poisson), la flûte de jonc, lekromang (sorte de saron) ou le kledi (plusieurs tuyaux de bambou réunis dans une noix de coco), qu'on ne joue que lors des retours de combat.

À Flores, on trouve les flûtes doubles ou triples, des xylophones dont les lames sont posées sur les jambes, des cithares et des guimbardes originales ainsi que des chanteurs, qui sont parmi les meilleurs d'Indonésie.

Les Célèbes ont l'exclusivité du katjapi, luth à caisse naviforme, et du keso-keso, sorte de violon en forme de mandoline renversée, à 2 cordes.

Lombok a celle du méong, en bois en forme de chat portant sur son dos deux cymbales en laiton, qu'on frappe avec deux autres cymbales.

Roti celle du pesandon, guitare à 12 cordes qu'on joue entre les genoux.

Makian celle de l'iskilmaia, sorte de clarinette qui accompagne le lego, chant relatant les événements quotidiens.

Soumba celle de la guitare à 2 cordes, qu'on joue avec l'ongle du petit doigt.

Timor celle du dakado, guitare à 5 cordes, et d'une flûte de 70 cm avec embouchure au milieu.

Halmaheira celle du toutalo, baguette de 85 cm reposant sur une demi-coquille de coco avec une corde en laiton qu'on pince avec une aiguille attachée à l'index.

Wetter celle de la cithare de bambou à 10 cordes et de différents tambours, dont on se sert pour exorciser les malades.

Saparona celle du goumbang en bambou et de quelques flûtes, dont la réunion retrouve une sonorité d'orgue.

Céram celle du houé tahouri en bambou et de la corne-triton nommée metchoutoui.

Ajoutons qu'à Watoubela la musique se trouve prohibée, alors qu'à Amboine, pour accompagner les chants de jeunes filles, un accordéon, un violon et d'autres instruments d'importation se mêlent aux tambours, aux gongs et aux cymbales traditionnels.

et qu'à Leti, à Alor ou à Moa tout se passe en musique, la plus humble tâche quotidienne s'accomplissant en chantant.



GAMELAN

 

 


Le gamelan (ou gamelang) : du javanais gamel = outil ou instrument qui se manie, ou du verbe "gamel" qui signifie "frapper". Nom indonésien (employé au masculin en français), le gamelan désigne, à Java et à Bali, un « orchestre » (ou plutôt un ensemble instrumental) où prédominent les instruments de percussion en bronze et comprenant essentiellement des gongs, des métallophones, des tambours et éventuellement des flûtes, voire des cordophones (= instruments à cordes).

L'orchestre gamelan (environ 20 à 25 musiciens, parfois plus) est composé en majorité d’instruments de « percussion mélodiques ».

Il existe différents types de gamelans dont le nom, comme le nombre et la nature des instruments qui les composent, varient en fonction du genre de musique jouée, elle-même liée aux circonstances de leur emploi : théâtre d’ombres ou de marionnettes, danses masquées, processions, cérémonies religieuses, fêtes solennelles.

La musique se joue en phrases de coupe binaire dans lesquelles chaque instrument tient sa partie. Les instruments de registre aigu effectuant des phrases courtes et rapides constituent des éléments paraphrasants. Ceux de registre grave produisant des phrases longues sont chargés de la ponctuation. C’est le tambour qui dirige l’ensemble et donne des rythmes fluctuant suivant le déroulement de la pièce musicale.

 

 

Java : musulman. Musique de cour, très aristocratique.

Extrait gamelan de Java

Bali : hindouiste. Musique très virtuose, musicien professionnel. A Bali, chaque village, chaque quartier (banjar) possède son propre gamelan appelé gong dont la composition est tributaire des moyens financiers du propriétaire. A Bali, plus qu’à Java, se développe une très grande virtuosité (= style kebyar c’est à direflamboyantvirtuose). Bali est plus démocratique que Java (Java = musique de cour). Les gamelans de Bali (appelés gong) furent introduits dans l’île aux 14ème et 15èmesiècles par des princes hindo-javanais. Bien qu’ils soient constitués, pour l’essentiel, des mêmes instruments, les orchestres balinais ont évolué de façon autonome, de sorte que leur dénomination, leur composition et les échelles employées sont très différentes de celles de Java.

Extrait gamelan de Bali

 

 ==> Le gamelan est commun aux deux îles mais le style est différent.



INSTRUMENTS



Les instruments du gamelan vont par paires, mais, dans certains cas, le nombre de tel ou tel instrument peut être modifié.

A Java comme à Bali, le kendang, tambour horizontal à deux peaux, conduit l’ensemble. Le thème est confié aux saron (métallophone à lames de bronze sans résonateur, de taille décroissant du grave à l’aigu). Les lames de cuivre des métallophones genderbarung (graves) et panerus (aigus) et des slentem sont disposés au-dessus de tubes de bambou « accordés » avec les lames pour produire un son long très harmonieux. Les petits gongs à bulbes sont disposés en rang, du grave à l’aigu, sur un châssis horizontal (bonang). Sarongenderbonang sont joués avec des maillets spéciaux (tabuh) tenus légèrement entre le pouce et l’index. Le thème est ponctué par de grands gongs suspendus (gong ageng).

Les instruments sont accordés selon le pelog, divisant l’octave en 7 intervalles inégaux, de caractère féminin, pour la musique des contes du cycle javanais ; le slendro, divisant l’octave en 5 intervalles égaux (= héquipentatonique), de caractère masculin, pour la musique du Théâtre d’Ombres.

On trouve aussi, en Indonésie, des ensembles d'angklung.



RÔLE DES INSTRUMENTS



Dans un gamelan, différents instruments, ou groupes d’instruments, ont des rôles spécifiques. Ces rôles ont été définis ou nommés différemment selon les auteurs. Un gamelan à Java comporte, en général (d’après Jaap Kunst) : des instruments donnant la mélodie principale, des instruments dits « colotomiques », des instruments paraphrasants, enfin des instruments « agogiques ». On peut également lire dans le Music in Bali de Colin MacPhee que :

 



De quels types sont les instruments d’un gamelan ? S’agit-il d’instruments à percussion ou d’instruments mélodiques ? Un instrument est dit mélodique quand il peut jouer plusieurs notes. Un triangle ou un tambour dans un orchestre symphonique ne sont donc pas des instruments mélodiques. Parce que ce sont des instruments à percussion ? Non, puisqu’il existe des instruments à la fois mélodiques et à percussion, comme le xylophone et le vibraphone.





Les gongs, les métallophones des gamelans sont des instruments à percussions qui ont la même importance que les vents et cordes des orchestres symphoniques.



THÉORIE



Les échelles 

Echelles : pelog ou slendro. Le slendro, échelle pentatonique, est le plus courant et a des intervalles égaux. Le pelog (7 notes) a des intervalles inégaux.

Pelog = ½ ton – 3M – ½ ton – ton.

Les instruments sont accordés selon le pelog, divisant l’octave en 7 intervalles inégaux, de caractère féminin, pour la musique des contes du cycle javanais ; le slendro, divisant l’octave en 5 intervalles égaux (= héquipentatonique), de caractère masculin, pour la musique du Théâtre d’Ombres.

Notation approximative (car le système n'est pas tempéré !) des échelles :



Slendro

Pelog



Sonorité

• Etagement de la polyphonie.

• Pas de hauteur fixe car son brouillé obtenu par désaccordage des instruments au 6ème de ton. Presque tous les instruments existent en paire et chaque paire présente un certain désaccord intentionnel, destiné à produire le tanguran, c’est-à-dire les battements qui résultent des interférences d’ondes très voisines. Les battements minutieusement ajustés dans toutes les paires d’instruments, donnent aux gamelan cet admirable brillant.



INFLUENCES



C’est au cours du 19ème siècle que furent introduits en Europe, puis aux États-Unis, les premiers gamelans. Certains d’entre eux figurent dans les collections de musées et d’institutions spécialisées. Musiciens et compositeurs eurent alors l’occasion de découvrir une musique inconnue dont Debussy a pu dire « … qu’elle observe un contrepoint auprès duquel celui de Palestrina n’est qu’un jeu d’enfant. Et, si l’on écoute, sans parti pris européen, le charme de leur “percussion”, on est bien obligé de constater que la nôtre n’est qu’un bruit barbare de cirque forain. »

La découverte de la musique de gamelan par l’Occident est généralement décrite comme une série de rencontres avec des compositeurs occidentaux dont l'oeuvre s'en trouva influencée. Ces compositeurs vont de Debussy à John Cage, Lou Harrison et Steve Reich en passant par Colin Mc Phee, Benjamin Britten et Olivier Messiaen. Avant la vogue de la « world music », la musique de gamelan intéressait surtout les chercheurs. Depuis au moins les années 1960, on l'étudie et on la joue dans les départements de musicologie des universités occidentales. Plus récemment, elle a commencé à attirer un public plus large.



LIENS


Sous-pages (2) : diaporama Instruments du gamelan