Dans les pays d’Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée, Vietnam et Mongolie), on rencontre un grand nombre d’instruments semblables, une même échelle pentatonique de base dans la musique de tradition savante, la même importance de l’élément mélodique, de grandes analogies dans la terminologie musicale et des relations étroites dans l’histoire de leurs musiques. Bien entendu, chaque pays a une musique propre et on ne saurait confondre la musique chinoise avec la musique japonaise, coréenne, mongole ou vietnamienne. Mais en les considérant toutes dans leur ensemble, on pourra relever un certain nombre de traits particuliers dans les domaines de la mélodie, du mode, du rythme, des modalités d’exécution, de la notation musicale... NB : le cas de la Mongolie est un peu particulier. Elle présente autant de similitude avec les pays asiatiques orientaux (au niveau des instruments) que les pays asiatiques du centre (Tibet, Touva) pour ses pratiques vocales du chant harmonique. J’ai donc placé ce pays dans la rubrique “Asie centrale”. Lecture : Texte de Christian Poché sur l'Asie de l'Est Les musiques d’inspiration chinoise (article Universalis) La musique chinoise est caractérisée par l’usage de gammes à cinq sons (échelles pentatoniques) et par la séparation du répertoire vocal et de la musique instrumentale. Le répertoire vocal s’épanouit à travers le théâtre chinois et ses différentes variantes, dont la plus connue demeure l’opéra de Pékin, marqué par l’entrelacs du chant et de la récitation. Ce répertoire a également donné naissance, au Japon, à diverses formes théâtrales élaborées, dont le nô et le kabuki. Comme toute la musique instrumentale d’Asie, la tradition instrumentale de l’aire chinoise, qui va du soliste à la formation de chambre, est caractérisée par un souci prédominant du timbre (qualité spécifique, couleur d’un son). Cette tradition a engendré d’importants développements en Corée, où subsiste la musique orchestrale de cour sous la triple désignation de aak, tangak et hyanga, et au Japon, avec le gagaku, qui donne lieu à des danses hiératiques (sacrées) et solennelles. |