Des témoignages archéologiques attestent du développement de la musique chinoise dès la dynastie Zhou (1122-256). D'après Mencius, un puissant avait demandé à Mencius s'il était moral qu'il préfère la musique populaire à la musique classique. La réponse fut que seul le plaisir qu'on y prend compte. Le Bureau de Musique Impérial, établi à partir de la dynastie Qin (221 - 207), se développa considérablement sous l'empereur Han Wudi (140-87), et chargé de superviser la musique de cour, la musique militaire, et de décider des musiques populaires qui pouvaient être officiellement reconnues. Dans les dynasties suivantes, le développement musical subit fortement les influences étrangères, notamment celles d'Asie centrale. Les mélodies perçues en Occident comme typiquement chinoises sont celles déclinées sur le mode pentatonique. Carte d’identité – Superficie : 9 596 961 km² (17 fois et demi la taille de la France). – Population (estimation en 1999) : 1 milliard 265 millions d’habitants (5 fois la population des États-Unis). – Capitale : Beijing (Pékin). – Nature du régime : dictature démocratique populaire socialiste. – Chef de l’État : Jiang Zemin, depuis 1993. – Langue : mandarin (putonghua, langue commune officielle), huit dialectes principaux avec leurs variantes. – Ethnies : 55, avec chacune leur langue. Han (92 %), Zhuang, Hui, Miao, Yi, Tibétains, Ouïgours… – Monnaie : le yuan. – PIB : 8 000 milliards de yuans. – Espérance de vie moyenne : 70 ans. – Analphabétisme : 18 %. Économie Avec 200 milliards de dollars d’exportations par an, la Chine est devenue la 5e puissance commerciale au monde. Pays d’abord agricole et minier, c’est le 1er producteur mondial de porcins, d’ovins, de caprins, de blé, de riz, de pommes de terre, de charbon, de fer et d’étain, le 2e de maïs, de café et de thé, et le 5e de pétrole. Avec l’ouverture, la Chine a joué sur son atout principal : l’abondance de main-d’œuvre. Elle importe des biens d’équipement, embauche des experts occidentaux et exporte des biens manufacturés (c’est le premier fabricant de jouets au monde). En clair, elle vend sa force de travail tout en opérant un transfert technologique qui doit lui permettre, à terme, de s’affranchir de la matière grise étrangère. L’État a lancé un programme actif de rattrapage de son retard économique : les diplômés sont envoyés à l’étranger pour y être instruits dans des écoles de management, les entreprises publiques qui gaspillent trop de ressources sont liquidées ou modernisées, des zones de haute technologie sont créées à l’exemple de la Silicon Valley. Un des effets les plus inquiétants du développement économique est l’accroissement des inégalités entre les régions pauvres de l’intérieur et les régions riches de la côte. La Chine reste donc un pays très pauvre. Autre source d’inquiétude : les quelque 60 millions de chômeurs laissés pour compte par la modernisation viennent alourdir le développement des villes. Autorisée à entrer dans l’OMC (Organisation mondiale du Commerce) au début de l’année 2000 après un long marchandage avec les Occidentaux, la Chine a accepté d’abaisser progressivement ses barrières douanières. HISTOIRE
GENRES Musique de noble, lettrés donc savante. Mais il existe aussi un répertoire populaire. • jingxi (mot chinois signifiant théâtre de la capitale) : genre dramatique musical chinois, né au 18ème siècle, dans lequel les acteurs, outrageusement maquillés, déclament, chantent, dansent, miment et font parfois de l'acrobatie, accompagnés par un ensemble de plusieurs instruments. Il est connu en Occident sous le nom d’« Opéra de Pékin ». [On écrit aussi kin-si ou tsin-si] INSTRUMENTS Instruments : importance de la cithare (instrument à cordes sur table d’harmonie) comme le zheng (= guzheng) ; qin ou guqin (cithare à 7 cordes de soie et à chevalet fixe) ; erhu (vièle de 2 à 4 cordes en soie) ; pipa (luth piriforme d’origine mongole) yueqin (luth "lune") ; sanxian (luth à 3 cordes) ; guan ou guanzi (hautbois cylindrique) ; sheng (orgue à bouche) ; dizi (flûte traversière à 6 trous) ; xiao (flûte droite en bambou) ; xun (flûte globulaire) ; sona (sorte de hautbois) ; muyu (wood-block). Les instruments utilisés jusqu'à présent s'élèvent à plus de 200 variétés !
Aérophones A. INSTRUMENTS A VENT A BOUCHE 1. LE DI: Flûte traversière en bambou à 8 trous dont il existe deux sortes, la flûte "qu" qui accompagne le kunqu de Suzhou (un genre de théâtre local) répandu dans le Sud de la Chine et la flûte "bang" qui tire son nom du bangzi du Hebei (autre genre de théâtre local) répandu dans la Chine du Nord et du Nord-Ouest. 2. LE XIAO: Flûte droite en bambou d'une sonorité douce, claire et plaintive, utilisée pour exprimer des sentiments de solitude et de mélancolie. 3. LE DONGXIAO: Flûte verticale en bambou, à encoche plus massive que le xiao, utilisée dans la musique du sud de la province du Fujian et qui était appelée "chiba" sous la dynastie des Tang. 4. LE DIZI: Flûte traversière à 6 trous, en bambou. 5. LE PAIXIAO: Flûte de Pan antique. 6. LE KOUJING: 7. LE XUN: Flûte globulaire en terre cuite à 6 trous, instrument antique, vieux de 6.700 ans, exhumé au village Banpo (province du Shaanxi) et qui produit des sons simples. B. INSTRUMENTS A VENT A BEC 1. LE GUAN (ou guanzi): Tuyau sonore à 8 ou 9 trous et à anche double appelé "bili" dans l'antiquité. Il est répandu dans le Nord. Son timbre grave et ses modulations variées peuvent exprimer aussi bien les sentiments vigoureux que la tristesse. Il peut même imiter la voix humaine. 2. LE SUONA: Hautbois conique à pavillon avec anche double, très répandu et très populaire utilisé dans les solos, les ensembles instrumentaux et dans l'accompagnement des opéras locaux et des danses. 3. LE SHUANGGUAN: 4. LE DAGUAN: C. INSTRUMENTS A VENT A ANCHE 1. LE SHENG: Orgue à bouche à 17 tuyaux de bambou et à anches (parfois 21, 24 ou 36) datant de l'antiquité. Il existe également un sheng en forme de calebasse de la minorité nationale du Sud-Ouest de la Chine. 2. LE LUSHENG: Orgue à bouche à 6 tuyaux de roseau. 3. LE BAWU: Tuyaux en bambou à 8 trous, de la nationalité hani du Yunnan. Cordophones
LES INSTRUMENTS A CORDES ET A ARCHET Violons monocordes que l'on joue en faisant passer l'archet (corde en crin de cheval) entre les cordes. Ils sont utilisés pour accompagner le chant. 1. LE ERHU: Violon à 2 cordes en soie qui joue un rôle majeur dans la partie vocale de l'orchestre d'instruments à cordes et à archet et dans les solos. 2. LE JINGHU: Violon à 2 cordes destiné spécialement à l'Opéra de Pékin. 3. LE BANHU: Violon à 2 cordes, à table d'harmonie en bois, dont la caisse de résonnance est recouverte d'une mince planchette et dont l'archet est particulièrement long (prés d'un mètre). 4. LE HUQIN: Violon à 2 cordes appelé "instrument à cordes des barbares joué à l'aide d'une queue de cheval". 5. LE SIHU: Vièle à 4 cordes. 6. LE GAOHU: Autre variante du violon chinois. 7. LE TIQIN: Vièle mongole à 2 cordes et à l'archet en crin de cheval. 8. LE YEHU: Instrument du Fujian et du Guangdong, à 2 cordes et dont la caisse de résonnance est faite d'une demie noix de coco. 9. LE ZHUIHU: Violon chinois inspiré du luth à 3 cordes, dont la caisse de résonnance est recouverte tantôt d'une peau de paon tantôt d'une mince planchette. LES INSTRUMENTS A CORDES PINCÉES Ces instruments se divisent en deux catégories: les uns se jouent appuyés contre l'artiste (luths, harpes), les autres se posent sur une table (cithares). Ils entrent dans l'expression de la mélodie rythmée et du chant. 1. LE PIPA: Luth à 4 cordes en soie, à frettes, en forme de calebasse à caisse plus ou moins ronde qui s'allonge vers le haut. Il entre dans les compositions d'harmonie et de polyphonie. 2. LE RUAN: Luth grave à 4 cordes, à frettes, à caisse circulaire et fond plat, le plus ancien d'entre tous. 3. LE LUTH HUOBUSI: Luth proche du sanxian. 4. LE SANXIAN: Luth à 3 cordes, à touche lisse. 5. LE SHUANGXIAN: Luth à 2 cordes. 6. LE TYMPANON 7. LE LIUQIN: Violon à 3 cordes, en forme de feuille de saule, plus petit que le pipa. 8. LE YUEQIN: Luth en forme de lune, à caisse circulaire et fond plat, manche court. 9. LE QINQIN: Luth à 3 cordes et à frettes, à caisse hexagonale et à fond plat. 10.LE KONGHOU: Instrument antique à 7 cordes qui a été introduit de l'Occident en Chine il y a 2.000 ans sous la dynastie Han. Il y avait deux types de konghou: l'horizontal et le vertical. L'horizontal ressemble à l'ancien zheng et qin, le vertical à la harpe. Le konghou était trés populaire durant les dynasties Han et Tang. Il est d'ailleurs représenté sur les murs des grottes et les bas-reliefs de ces périodes. Gu Kuang (env. 725-env. 814), poète renommé sous la dynastie Tang, a écrit un poème intitulé "Li Gongfeng joue du konghou", dans lequel il décrit la fabrication, les sons de l'instrument et le jeu superbe du musicien de cour Li Gongfeng. Cet art atteignit un très haut degré durant les périodes Sui et Tang. Aprés la dynastie Ming (1366-1644), cet instrument fut abandonné et on n'en retrouve aucune trace au siècle dernier. Un groupe d'artistes et d'artisans en instruments anciens fut chargé par le Ministère de la Culture et l'Association des musiciens chinois de rechercher des documents historiques à ce sujet et, en 1980, ils créèrent un nouveau type de konghou, qui combine agréablement l'horizontal et le vertical dont les caractéristiques sont: deux groupes de 36 cordes, échelle diatonique, 5 octaves, tonalité de la harpe, charme de la musique traditionnelle chinoise. 11. LE GUZHENG: Genre de harpe de 20 cordes. 12. LE ZHENG: Cithare à cordes pincces, à chevalets mobiles et à caisse bombée, la main droite pincent les cordes qui sont 13 ou 16. 13. LE QIN: Cithare à la caisse constituée de 2 planches de bois : dessus bombé, dessous plat et percé de 2 évents. Instrument d'un mètre 30 de long ayant 7 cordes tendues que l'on frotte de la main droite. 14. LE YAZHENG: Cithare à caisse bombée et à cordes frottées au moyen d'une plaquette de bambou. 15. LE YANGQIN: Cithare à cordes frappées par des mailloches, à chevalets fixes, à caisse plate: sonorité percussive et résonnante. 16. LE SE : Cithare de 25 cordes, à chevalets mobiles, à caisse plate et rectangulaire. 17. LE ZHU: Cithare de bambou à 13 cordes frappées. 18. LE GUQIN: Cithare à 7 cordes mentionnée pour la première fois dans le "Livre des Odes", recueil de poèmes des époques des Zhou de l'Ouest et des Printemps et Automnes. Elle se distingue par son timbre clair et son large diapason. La plupart des mélodies expriment la noblesse des sentiments à travers le symbolisme des objets, comme l'"Ode aux fleurs de prunier Mei" exalte l'honnêteté et la sérénité de ces fleurs. 19. LE FANBU: Instrument à cordes frottées des Mongols. 20. LE CHARJI: Cithare mongole à cordes frottées. 21. LE JIAYIEQIN: Cithare à cordes pincées dont la forme ressemble à un zheng et qui appartient à la nationalité coréenne. 22. LE TURWEISE: Cithare mongole proche du zheng. 23. LE DONGBULA: Instrument à cordes pincées du Xinjiang. 24. LE JEWAFU: Instrument à cordes pincées du Xinjiang. Membranophones
Ce sont des instruments rythmiques principalement. 1. LE TAMBOUR GU Tambour à membrane en peau. 2. LE TAMBOUR BANGU Tambour à une peau, plus petit que le gu, généralement associé aux claquettes. 3. LE TAMBOUR TONG Idiophones 4. LE GONG LUO ou "tamtam" faisant partie d'ensembles paraliturgiques, musiques de parades, de théâtres d'ombres, de marionnettes et d'opéra. 5. LES CYMBALES PENGLING: Deux clochettes entrechoquées, de petite taille, au son clair. Ce sont des instruments liturgiques renforçant les claquettes dans certains répertoires profanes. 6. LES CLAQUETTES PAIBAN Composées de 2 plaquettes en bois reliées par une ficelle, les claquettes marquent le tempo dans les ballades, les chantefables, les opéras. 7. LES CLAVES BANGZI Ces deux cylindres de bois frappés en S et tenus chacun dans une main, rappellent les castagnettes par leur capacité à exécuter de véritables roulements. Elles sont utilisées dans l'Opéra de Pékin. 8. LES CARILLONS 9. LE BIANZHONG Instruments chinois
Traditionnellement les instruments de musique chinois sont classés en « huit catégories de son », correspondant aux matières dans laquelle ils sont fabriqués : le métal (cloches en bronze), la pierre (les plus anciens instruments sont en jade), la terre (le hun, sorte d’ocarina à sept trous en terre cuite ou en porcelaine laquée), le cuir (tambours gu), la soie (instruments à cordes pincées tels que le qin, luth à sept cordes), le bois (instruments à percussion, hautbois), la calebasse (le sheng, orgue à bouche) et le bambou (flûtes).
De la famille des cordophones : Zheng, pipa, sanxian, erhu, Yang qin Des aérophones en terre cuite : xun Des aérophones en bambou : dizi, xiao Pour mémoire citons les autres familles : idiophones métalliques, en pierre, en bois, membranophones, aérophones en calebasse. Gu Zheng Zheng ou Guzheng : cithare, au nombre de cordes variant entre 12 et 16, (le koto japonais en est dérivé), son nom correspond à l’onomatopée du timbre général. Les cithares sont les plus anciens instruments de la Chine. Les instrumentistes modernes expérimentent d’autres techniques : les contraintes de l’exécution publique et le changement des goûts musicaux ont parfois conduit les instrumentistes à adopter des cordes métalliques. En général le zheng se joue sans plectre, la main gauche enfonçant les cordes pour élever les notes ou pour ajouter des ornements. Les doigts de la main droite ont parfois des ongles artificiels. Luth piriforme à quatre cordes pincées. Les luths, d’origine persane ont été le vecteur de transmission de richesses culturelles entre l’Orient et l’Occident de la Chine. D’origine barbare donc, au nom faisant référence à sa sonorité, le pipa n’a jamais été inclus dans l’ensemble rituel classique, bien que jouissant d’une grande popularité. Pipa Les instruments de musique chinois
Ancienne classification
Sous les Zhou (1122-770 av. J.-C.), les Chinois divisèrent les instruments musicaux en huit catégories (selon la matière en quoi ils étaient faits), appelées les « huit sons » (bayin). Ainsi, ces instruments pouvaient être fabriqués en métal, tel le zhong ou le yunluo, en pierre tel le qing ou bianqing, en soie comme les cordes du guqin, en bamboucomme la flûte dizi, en calebasse comme le sheng, en terre tel le xun, en peau comme celle du gu, ou bien en bois comme le muyu.
le métal chin (gongs, cloches par ex.) la pierre shih (ensembles de carillon de pierre par ex.) la soie ssu (instruments à corde par ex.) le bambou chu (flûtes par ex.) la calebasse p’ao (l’orgue à bouche par ex.) la terre t’u (flûte globulaire type ocarina par ex.) la peau (cuir) ge (les tambours par ex.) le bois mu (tambours de bois rituels par ex.)
Au début du Vè siècle av. J.-C., on trouve mentionnés dans le Shijing (Livre des Odes), rédigé par Confucius (551-479 av. J.-C.), 26 instruments de musique. Si l’on additionne tous ceux trouvés dans différents écrits relatifs à cette époque, on en obtient quelques 80. Dans l’Encyclopédie de la musique de Lavignac, Maurice Courant décrit 150 instruments chinois dont certains remontent à la plus haute antiquité.
Classification actuelle
De nos jours on divise les instruments de musique chinois en quatre catégories : ceux à cordes pincées, ceux à cordes que l’on fait vibrer, ceux à vent et ceux à percussion. Voyons donc quelques-uns de ces instruments plus en détail.
Les instruments à cordes pincées
Zheng / Guzheng : cithare, au nombre de cordes variant entre 12 et 16. Son nom correspond à l’onomatopée du timbre général. Les cithares sont les plus anciens instruments de la Chine. En général le zheng se joue sans plectre (équivalent du médiator chez nous), la main gauche enfonçant les cordes pour élever les notes ou pour ajouter des ornements. Les doigts de la main droite ont parfois des ongles artificiels. Tessiture :
Qin / guqin : c’est un instrument (de la famille des cithares) d’une très grande simplicité. Sur la caisse de résonance sont tendues sept cordes, donnant les notes fondamentales de la « gamme chinoise » do-ré-fa-sol-la-do-ré.
Pipa : luth à quatre cordes pincées. Le pipa n’a jamais été inclus dans l’ensemble rituel classique, bien que jouissant d’une grande popularité. Accord du pipa : Parfois en scordatura : Tessiture :
Sanxian : luth à trois cordes, au manche long, et composé d’une peau de bête (de serpent) tendue sur un cadre de bois ovale. II n’a pas de frettes (les frettes sont de petites tiges métalliques qui déterminent les notes sur le manche d’instruments tels que la guitare).
Yang qin : tympanon de forme trapézoïdale, cet instrumentent est couvert de cordes d’acier sur lesquelles on frappe avec deux maillets légers en bambou. Arrivé d’Occident assez tardivement, il est très populaire en raison de sa souplesse d’utilisation et de la virtuosité qu’il permet.
Les instruments à cordes et à archet
Erhu : violon à deux cordes. C’est un instrument soliste. De forme similaire au sanxian sa caisse est hexagonale ou octogonale. L’archet est fixé à l’intérieur des deux cordes (accordées en quinte). Accord des 2 cordes : Tessiture :
Jinghu : c’est un violon à 2 cordes destiné spécialement à l’Opéra de Pékin. Banhu : c’est un violon à 2 cordes, dont la caisse de résonance est recouverte d’une fine planchette et dont l’archet est particulièrement long.
Les instruments à vent
Xun : sifflet en argile, à cinq trous (puis 7), c’est un instrument des cérémonies. Agé de plusieurs millénaires il descendrait de l’appeau. Accord du xun en mi : Il existe le xun en la qui sonne une quarte plus haut.
Dizi : flûte traversière en bambou. Le plus populaire des instruments à vent. Le timbre typique (un peu nasillard) du dizi vient d’une membrane (mirliton) couvrant un trou supplémentaire qui n’est pas utilisé pour le doigté, placé près de l’embouchure.
Tessiture du dizi en sol :
Xiao : flûte droite en bambou. Elle ne possède pas ce trou recouvert d’une membrane, et comporte sept trous, dont six servent à modifier la hauteur du son. Tessiture :
Suona : c’est un hautbois conique à pavillon avec hanche double utilisé dans les solos, les ensembles instrumentaux et l’accompagnement des opéras locaux. Tessiture du suona en sol :
Guan / guanzi : hautbois à 8 ou 9 trous et à anche double appelé bili dans l'antiquité. Il est répandu dans le Nord. Son timbre grave et ses modulations variées peuvent exprimer aussi bien les sentiments vigoureux que la tristesse. Il peut même imiter la voix humaine. Tessiture :
Sheng : orgue à bouche à 17 tuyaux de bambou et à anches (parfois 21, 24 ou 36) datant de l’antiquité. Tessiture :
Les percussions
Les percussions chinoises sont nombreuses et faites de différents matériaux. On trouve les gongs, les cloches, les tambours et les cymbales. Bangu Pengling Ban
Zhong : cloches à battant indépendant. Les cloches suspendues individuelles sont souvent de tailles imposantes et frappées à l’aide d’une poutre de bois. Bo : cymbales. Les cymbales ont une origine asiatique, elles sont de deux formes différentes, soit à petite bosse centrale et très larges bords (frappées verticalement), soit à large dôme central et à petits bords (frappées horizontalement). Les cymbales bo sont utilisées dans l’Opéra de Pékin. Gu : tambour plat, le danpi gu marque la musique et souligne les chants dans l’Opéra de Pékin. Gongs : on peut les entendre dans les ensembles liés à la danse (opéra de Pékin, danse du lion) et aux processions. Leur rôle est plutôt rythmique que mélodique (contrairement à l’Asie du Sud-Est qui l’utilise mélodiquement dans le gamelan). Yunluo : instrument idiophone composé de 10 petits gongs métalliques (appelés luo) suspendus l’un sur l’autre à l’intérieur d’un cadre en bois. Les gongs, que l’on frappe d’un petit marteau, sont accordés différemment sur l’échelle diatonique. Lorsque l’instrument est disposé horizontalement, il prend le nom de yunrä. D’origine probablement mongole, l’instrument est largement utilisé dans les rites de la religion confucianiste.
Dans l’opéra chinois traditionnel, la partie réservée aux percussions est appelée Wu Chang, littéralement « scène martiale ». Le joueur de bangu, un petit tambour permettant de garder le tempo, dirige le reste de l’orchestre. Il a le contrôle du déroulement de l’action et de l’atmosphère ; c’est en quelque sorte le « chef d’orchestre ». En raison de la richesse du timbre et de la variété des percussions chinoises, celles-ci sont fréquemment utilisées dans les compositions musicales de style occidental. TECHNIQUES VOCALE ET INSTRUMENTALE La musique instrumentale reprend le langage chinois (alphabet à ton) à glissement de notes… En Chine, comme dans beaucoup de pays asiatiques, on ne distinguait pas les registres vocaux. Le chanteur devait pouvoir couvrir toutes les tessitures, parfois jusqu’à 5 octaves. Il n’existait pas de différence entre ténor et baryton, pour les hommes, pas plus qu’entre soprano et contralto pour les femmes. Dans l’Opéra de Pékin, la voix masculine attribuée au jeune premier est généralement en fausset. Actuellement, dans le théâtre chinois king shi (= jingxi) et le théâtre traditionnel vietnamien hat tuông ou hat bôi, cette voix est encore l’apanage des principaux rôles masculins ou féminins. La voix de poitrine est dévolue au guerrier et la voix intermédiaire au vieillard. THÉORIE Mode : pentatonique mais parfois aussi heptatonique ! Le ryo, d’un caractère franchement majeur, domine en Chine. Le ritsu, qui est moins éloigné du mineur, est préféré des japonais (et les gammes qui leur appartiennent en propre ont une résonance mineure très accentuée). Ce contraste dans le goût musical caractérise bien les deux peuples. Mode ryo : La musique chinoise est une vieille histoire puisque l’empereur Houâng-ti, il y a plus de 4.000 ans de cela, s’inquiétait de sa décadence ! 2.000 ans plus tôt, l’empereur Fôu-hi aurait établi une théorie de la musique liée à des principes philosophiques. La musique relevait, à cette époque et ce sera vrai longtemps, du souverain. Pour lui donner des fondements, Houâng-ti fit appel à son ministre Lîng-Louên. Celui-ci se rendit dans la vallée de Hie-K’î, où il coupa des bambous de longueurs différentes. En soufflant dans le plus long des bambous, il obtint le houâng-tchong, c’est-à-dire la « cloche jaune ». Un couple de phénix vint à se poser, puis le mâle émit six notes et fut imité par la femelle. Le ministre retrouva ces notes, établissant l’échelle des douze liu, dont sera tirée la gamme pentatonique (do-ré-mi-sol-la), chère aux chinois. De cette gamme naîtront 5 modes. Plus tard apparaîtra une gamme heptatonique (de sept notes) d’où suivront 7 modes. Symboliquement, les douze liucorrespondent aux douze lunes, douze mois, douze heures… Les cinq notes figuraient le prince, les ministres, le peuple, les affaires et les objets. Vingt siècles avant notre ère, les chinois auraient donc possédé une théorie musicale précise !
Les gammes naissent des progressions ascendantes de quintes à partir du houang-tchong (équivalent au fa d’aujourd’hui). Après 4 progressions de quintes, on obtient cinq notes : fa – do – sol – ré – la, qui forment, en les mettant à leur place dans une octave, la première gamme pentatonique : fa – sol – la – do – ré. Dans la gamme, chacune des notes prend un nom particulier qui indique sa fonction : • la 1ère note (fa) s’appelle kong (le palais), représentant le prince. Les 5 degrés de la première gamme pentatonique ont donné naissance à 5 modes portant le nom de la note sur laquelle ils commencent (par exemple : mode kiao= la-do-ré-fa-sol). Ces modes sont composés de notes qui sont disposées suivant des degrés qui différent de l’un à l’autre ; chacun des 12 liu, donnant la hauteur absolue, peut servir de point de départ à un de ces modes. La combinaison des 12 liu avec les 5 modes a donné naissance à 60 tons différents. Vers l’époque Tcheou, deux autres notes complémentaires prirent place dans la gamme pentatonique. Elles sont désignées par rapport aux notes immédiatement supérieures : l’une s’appelle pien-tche (= tche altéré ou bémolisé) et l’autre s’appelle pien-kong (kong altéré ou bémolisé). On obtient ainsi une gamme heptatonique. Les deux degrés complémentaires sont des notes auxiliaires. Ils sont employés dans la musique chinoise comme notes de passage ; le 7ème degré ne joue pas le rôle de sensible. De cette gamme heptatonique sont nés 7 modes qui prennent respectivement leur point de départ sur chaque degré. Ils peuvent se combiner avec les 12liu, et donnent ainsi 84 tons différents. LIENS |